Femme d'exception

Carmen Brouard, l’âme haïtienne dans une sonate

today6 février 2022 482 3

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Carmen Brouard naît à Port-au-Prince en 1909. Enfant prodige, elle a appris le piano dès son plus jeune âge sous la direction de sa mère puis du célèbre compositeur Justin Élie.

Elle effectue un premier voyage en France avec sa famille à l’âge de huit ans. L’occasion pour elle de parfaire son talent de pianiste et d’apprendre le solfège. Quelques années plus tard, elle rentre en Haïti et commence à 18 ans une grande carrière de soliste. Elle donne plusieurs concerts au Parisiana et au Rex Théâtre en s’associant avec des artistes de passage à Port-au-Prince, tels que Del Orbe, Friedman, Sykora, dans des récitals où sa technique et son sens artistique lui valent l’admiration de ses partenaires.

Sa performance en République Dominicaine lui a valu le titre de « Première pianiste de l’île ». Le dictateur dominicain Rafael Trujillo lui aurait même proposé d’enseigner au conservatoire de Santo Domingo. Offre qu’elle aurait refusée.

Dans les années 50 elle séjourne à nouveau à Paris et s’inscrit au Conservatoire National de musique afin de poursuivre des études complètes d’harmonie, de composition et de contrepoint. Elle a eu pour professeur le compositeur Georges Hugon. Celui-ci dira de la pianiste “qu’elle a su intégrer l’originalité de son pays à la technique de la musique occidentale”. Carmen Brouard reçoit à cette même époque quelques distinctions et aurait même été félicitée par le célèbre compositeur français Maurice Ravel.

Quand elle revient en Haïti après ses années parisiennes, l’une de ses premières tâches à été de réviser et d’harmoniser ses œuvres en majeure partie vocales qu’elle a composées dans sa jeunesse.

Très attachée à la culture de son pays, la compositrice puise son inspiration du folklore haïtien. Sa sonate vodouesque créée en 1965 en est l’exemple parfait. C’est « l’âme haïtienne dans une sonate » disait le violoniste Fritz Benjamin, qui a été le premier avec Micheline Laudun à avoir interprété cette œuvre. Sa connaissance du folklore lui a été grandement facilitée par l’œuvre de son frère le poète Carl Brouard. Elle a d’ailleurs composé des mélodies sur des poèmes de ce dernier.

Le chef-d’œuvre de Carmen Brouard est sans aucun doute son “Baron Lacroix”,  joué à la Maison Symphonique de la Place des Arts par l’Orchestre Métropolitain de Montréal en 2012.

Après une riche carrière de professeur de musique en Haïti, la pianiste s’installe à Montréal en 1977. Elle y restera jusqu’à sa mort survenue en 2005 à l’âge de 90 ans.

Écrit par Haïti Inter

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