Hérard Dumesle, celui qui a immortalisé la cérémonie du Bois Caïman

par le 8 novembre 2019

Émission consacrée à Hérard Dumesle

Hérard Dumesle est né aux Cayes le 16 juin 1784. Il n’avait que 26 ans en 1810 quand il se fait remarquer au Môle St-Nicolas en compagnie d’Antoine Dupré. Les deux jeunes poètes encourageaient les soldats du général Lamarre à la résistance par leurs chants patriotiques. Dans son Voyage dans le Nord d’Haïti (1814), Hérald Dumesle rendra hommage à ces « héros ensevelis sous le poids des lauriers » face au « joug homicide d’un tyran sanguinaire ». En 1819, il fonde aux Cayes un journal de combat, L’observateur, très favorable à Pétion et hostile au roi Christophe.

En 1822, Hérard Dumesle est élu député. A plusieurs reprises, il dirigea l’opposition parlementaire et le gouvernement de Boyer le chassa deux fois de la chambre. Mais « son prestige était si grand qu’il fut après chaque exclusion réélu ». Il prit une part active à la révolution contre le président Jean Pierre Boyer en 1843. L’opposition triomphe, Hérard Dumesle est président de l’assemblée constituante chargée de voter une constitution démocratique. Le chef de la révolution, partie de l’habitation Praslin (Cayes) devient président de la république : C’est Rivière Hérard, cousin de Hérard Dumesle. Ce dernier est promu ministre et principal conseiller politique du président. Mais Rivière Hérard est renversé après quelques mois, le 3 mai 1844. Hérard Dumesle est banni par le gouvernement de Philippe Guerrier, alors préside d’Haïti. Quatorze ans d’exil l’ont miné. Il meurt à Kingston le 22 juin 1858, âgé de 74 ans. Destin tragique d’un révolutionnaire, d’un apôtre du changement et d’un démocrate libéral.

Son œuvre

Dans L’Observateur, Hérard Dumesle a publié toutes sortes de poèmes mineurs, des madrigaux, des épigrammes, des vers badins, etc. Il a écrit un poème à la mémoire de Jonathan Oran ville, ancien directeur du lycée de Port-au-Prince (1825-1833), dont la fondation remonte à 1816. Cependant L’Observateur était également un journal de combat. Il était très favorable à Pétion et critiquait le gouvernement de Christophe d’après des données vraies ou fausses. Hérard Dumesle y a publié son Voyage dans le Nord d’Haïti, une longue relation en prose et en vers, où il magnifie le courage du général Lamarre, stigmatise Christophe et son régime de fer. Selon lui, Lamarre et ses soldats ont trouvé une mort glorieuse en combattant le despotisme et la postérité se doit de d’honorer leur mémoire.

Les premiers poètes haïtiens ont célébré l’indépendance, chanté la patrie, mais aucun n’a songé à mettre en vers les hauts faits des guerres de l’indépendance. Seul Hérard Dumesle a su évoquer le point de départ de la Révolution de Saint-Domingue : le célèbre conciliabule de l’habitation Lenormand de Mézy (1791). Il nous a laissé une centaine de vers sur la cérémonie du Bois Caïman, qu’il a intitulés Macanda.


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