Histoire

Le FRAPH, une milice de terreur menée par Toto Constant

today15 juin 2024 97 1 1

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En Haïti, l’histoire récente est marquée par une période de terreur qui a débuté seulement sept mois après l’investiture de Jean Bertrand Aristide, renversé par un coup d’État militaire. Pendant trois ans, le pays a connu une répression brutale sous le régime de Raoul Cédras, qui a instauré la peur pour se maintenir au pouvoir. Parmi les acteurs de cette période sombre, le FRAPH (Front Révolutionnaire Armé pour le Progrès d’Haïti) a joué un rôle central, soutenu et financé par des forces extérieures. Cet article se penche sur les exactions commises par cette milice et les conséquences de l’impunité qui continue de hanter Haïti.

Le FRAPH, dirigé par Emmanuel Constant, alias Toto Constant, a été créé avec l’appui et le financement de la CIA. Les miliciens du FRAPH, formés par l’armée haïtienne, ont terrorisé la population, commettant des meurtres, des tortures, et des viols systématiques. Les chiffres officiels estiment près de 4 000 personnes tuées, et des centaines de milliers torturées, emprisonnées ou forcées à l’exil.

Les femmes haïtiennes ont été particulièrement visées, le FRAPH utilisant le viol comme arme politique et de guerre. Les populations pauvres des quartiers populaires, soutiens fervents de Jean Bertrand Aristide, ont aussi été durement touchées. Entre le 18 et le 22 avril 1994, le massacre de Raboteau à Gonaïves a marqué les esprits, avec un nombre de victimes estimé entre 30 et 50.

Après le retour de Jean Bertrand Aristide au pouvoir, un mandat d’arrêt a été émis contre Toto Constant, qui a fui Haïti pour les États-Unis. Malgré les protestations contre sa présence, il y trouve refuge grâce à ses liens avec la CIA, révélant en 1995 qu’il était un agent de l’agence américaine en Haïti. Cette révélation a bloqué son expulsion vers Haïti, soulignant les connexions internationales dans les affaires internes haïtiennes.

En novembre 2000, Toto Constant a été condamné par contumace à la perpétuité pour son rôle dans le massacre de Raboteau. Cependant, en 2005, la cour de cassation haïtienne a annulé plusieurs condamnations, y compris celle de Louis Jodel Chamblain, numéro deux du FRAPH, scandalisant les organisations de défense des droits humains.

Après avoir changé de vie et être devenu agent immobilier, Constant a été arrêté en 2006 aux États-Unis pour fraude immobilière et condamné à une peine de 12 à 37 ans de prison. En 2020, après avoir purgé sa peine, il a été déporté en Haïti. À son arrivée, il a été placé en détention. À son arrivée, il a été placé en détention, mais un problème inattendu est survenu : son dossier judiciaire était introuvable. Cette disparition du dossier judiciaire semble être une manœuvre politique visant à libérer Constant. Et cela n’a pas convaincu la justice de le libérer, il reste emprisonné à la prison civile des Gonaïves.

Cette affaire met en lumière la fragilité de la justice haïtienne et les ingérences politiques qui continuent de marquer l’histoire du pays, laissant les victimes du FRAPH dans l’attente d’une véritable justice.

Écrit par Guy Ferolus

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