Art populaire

Lina Mathon Blanchet, pionnière de la musique folklorique haïtienne

today3 décembre 2021 389 1 6

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Lina Mathon Blanchet est « la première à valoriser la musique folklorique haïtienne ». Pianiste et professeur de musique, elle a fortement marqué l’histoire de la musique haïtienne pour son travail exceptionnel dans la promotion des chants et des danses issus des traditions vaudou.

Née le 3 janvier 1903, Lina Mathon Blanchet était à la fois compositrice, pianiste, professeur de chant et danseuse. Elle a appris le piano dès son plus jeune âge auprès de Justin Elie, compositeur et pianiste de renom.

Lina Mathon Blanchet a été la première directrice du Conservatoire national fondé par Paul Magloire avant de diriger à partir de 1947 la Troupe Folklorique Nationale créée dans le cadre des festivités du Bicentenaire de Port-au-Prince. Cette troupe dont elle a partagé la direction avec Jean-Léon Destiné a regroupé des chanteurs, des danseurs et des musiciens qui ont représenté fièrement Haïti dans différentes manifestations culturelles à l’étranger.

Elle est également à l’origine des “Chanteurs Legba”, ce groupe de chanteurs folkloriques qui a représenté Haïti à la Conférence Panaméricaine de 1941 à Washington, auquel a fait partie le danseur et chorégraphe Jean-Léon Destiné.

Mathon-Blanchet Blanchet a formé et promu de nombreux artistes qui sont devenus célèbres par la suite.

Mais c’est surtout son travail sur la réhabilitation des chants vaudou qui lui a valu tant d’estime et de grandeur d’âme. « Entre 1939 et 1959, elle accomplit un travail fondateur en transformant, retravaillant et stylisant nombre d’aphorismes mélodiques que lui apportent les adeptes du vaudou ou qu’elle perçoit dans les cérémonies. De là naît tout un corpus de chants que nous regardons aujourd’hui comme des trésors du folklore qui ont, en fait, été pétris par elle pour leur donner un style, une forme, et même des paroles : Ayida, wèdo, Fèy O, Manman voyem peze kafe… » (Claude Dauphin, Histoire du style musical d’Haïti).

La plupart des compositions de Mathon-Blanchet ont été perdues. On a tout de même pu conserver une œuvre pour piano seul, composée en 1952; une chanson populaire et deux meringues ; un quatuor à cordes Contes et Légendes et quelques arrangements de chansons populaire : Kim’ba la , La souce o m’pralé , Mé-mé , Pinga ma hi roulé et Souflé vent.

Lina Mathon Blanchet meurt le 11 mars 1994. Elle restera l’une des musiciennes haïtiennes les plus influentes du vingtième siècle.

Écrit par Haïti Inter

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Commentaires (1)

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  1. Antoine Pierre( Pierrot) on 10 janvier 2022

    L’auteur de ces pages a le mérite d’évoquer et de mettre en lumière ces révélations, touchant ces tranches d’histoire de notre culture. D’ailleurs, cette source permettra aux jeunes générations de comprendre notre passé, tant du point de vue d’art, mais aussi de culture. Parlant D’Émile Nau à travers notre Littérature, cela me rappelle l’École du 1836 dont il fût une figure dominante. Ce survol historique me fait plonger d’appoint du temps de mes jeunes années, alors j’étudiais les différentes Écoles Littéraires : les Pionniers de 1801, l’École de 1836, en passant par la Génération de La Rode, Les indigénistes Haïtiens et Les Griots. RéF Lycées Nord Alexis de Jérémie et Anthénor Firmin.

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