Histoire

« Toussaint Louverture, la grande figure du millénaire »

today23 avril 2023 180 3

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En marge de la cérémonie hommage à Toussaint Louverture organisée par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage le 7 avril 2023 au Panthéon à Paris, l’historien Pierre Buteau, le sénateur Roger Karoutchi et l’historien Gilles Manceron disent ce que la figure Toussaint Louverture représente pour eux. Ils répondent aux questions de Marie Bodin.

Que représente pour vous Toussaint Louverture ?

Roger Karoutchi : Pour moi, Toussaint Louverture, c’est toute une période de ma propre instruction quand j’étais étudiant. Toussaint Louverture c’était le symbole à la fois un moment de l’attachement à la France et en même temps de l’abolition de l’esclavage, de la volonté d’indépendance, comme c’était encore Saint-Domingue. Et c’est vrai, c’est une page de notre histoire, mais une page malheureuse, si je puis dire.

On a l’impression que le général Toussaint Louverture n’a pas été reconnu à sa valeur et à ses mérites par Bonaparte. Et que voilà deux hommes de grande intensité mais qui n’ont pas su se rencontrer. Voilà. C’est dommage pour la France parce que je pense que si la France avait été plus reconnaissante envers Toussaint Louverture, les choses ne se seraient peut-être pas passées comme ça dans les années qui ont suivi.

Pierre Buteau : Et pour moi, c’est important. C’est une grande figure et c’est la grande figure du millénaire. C’est une figure emblématique. Et puis, tout petit, on a entendu Toussaint Louverture. Et puis avec le temps, l’âge aussi. J’ai pris mes distances avec cette figure là pour mieux objectiver et l’apaisement des désaccords, m’a conduit, à défaut d’une absolue radicalité, une prise de distance empreinte de sérénité critique et ça a contribué et ça m’a permis plus tôt d’avoir une approche plus, plus objective.

Que pensez-vous de la place que fait la France dans l’histoire du rôle de Toussaint Louverture et de Saint-Domingue ?

Gilles Manceron : D’une manière générale, cette page de l’histoire française qu’est la première colonisation celle qui a, pour ce qui s’est poursuivi jusqu’au, jusqu’au moment de la Révolution, et qui a été marquée par une première abolition de l’esclavage en 1794. Cette page d’histoire est mal connue et mal enseignée, je dirais. Elle n’est pas reconnue comme un morceau important de notre histoire.

Quel que soit le jugement moral que l’on peut porter sur l’esclavage, il faut en porter un jugement critique. Eh bien, ça fait partie de notre histoire. Or, lorsque l’on est un peu honteux de cette page d’histoire, on a tendance à la dissimuler, à mettre la poussière sous le tapis, comme on dit, plutôt que de la laisser en évidence.

Et c’est dommage parce qu’il faut connaître son histoire, quelles que soient les pages glorieuses ou les pages moins glorieuses qui l’ont marquée.

Et que ressentez-vous par rapport à cet hommage rendu aujourd’hui à Toussaint Louverture au Panthéon ?

Pierre Buteau : Une certaine fierté et qu’on peut difficilement dissimuler une émotion, surtout une grande émotion, de parler au nom de mes compatriotes, de les associer à cet hommage mérité à l’endroit d’un individu historique de cette dimension.

Et en tant qu’historien, qu’est-ce que vous pensez de la revalorisation de l’histoire de Toussaint Louverture, à la fois dans le programme national haïtien et dans le programme national français ?

Ça me stimulera à questionner davantage cette relation entre la France et Louverture.

Écrit par Haïti Inter

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