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Thomas Madiou, le père de l’histoire d’Haïti

today8 janvier 2021 16

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Thomas Madiou est considéré comme le premier grand historien haïtien du 19e siècle. Son œuvre principale, une Histoire d’Haïti en huit volumes, reste encore aujourd’hui l’œuvre la plus importante de l’historiographie haïtienne.

Thomas Madiou naît à Port-au-Prince le 30 avril 1814. Sa famille du côté paternel est originaire de la Bretagne. Son grand-père s’était installé à Saint-Domingue avant la révolution de 1789.

A 10 ans, Thomas Madiou part pour la France et effectue sa scolarité à Angers, puis à Rennes. Au début des années 30, il entame des études de droit à la Faculté de Paris. Mais il les interrompt peu de temps après et rentre en Haïti.

A son arrivée à Port-au-Prince, il manifeste son désir de connaître l’histoire de son pays. Il demande alors à son père de lui fournir un manuel d’histoire d’Haïti, celui-ci lui répond qu’il n’y a pas de livre d’histoire d’Haïti. Il dit alors : “eh bien, c’est moi qui l’écrirai cette histoire d’Haïti »

En 1838, il publie ses premiers articles dans le journal L’Union sur quelques grandes figures historiques : Makandal, Toussaint Louverture, Dessalines etc.

L’année suivante, il épouse Stella Bazelais, sœur de Boyer Bazelais, le fondateur du premier parti politique d’Haïti, le Parti libéral créé en 1870.

En 1847, Thomas Madiou publie le premier volume de son Histoire d’Haïti, l’année suivante paraît le deuxième et le troisième tome. Cinq autres volumes seront publiés après sa mort.

Dans l’introduction du premier tome de son étude, il indique comment il a procédé dans son travail de recherche :

J’ai consulté des auteurs espagnols, français, anglais et américains qui ont écrit de 1492 à 1789, et, depuis cette époque jusqu’à nos jours, de nombreux mémoires, des correspondances, rapports officiels, bulletins, feuilles publiques. J’ai interrogé surtout les acteurs, les témoins des événements, enfin la plupart des vieux débris de notre gloire nationale […] Je dois un tribut de reconnaissance à plusieurs de nos vétérans qui se sont fait un véritable plaisir de me raconter les événements qui s’étaient passés sous leurs yeux, et de me découvrir les causes de nos drames révolutionnaires.

A partir de ce moment, il devient un historien très respecté. Le président Soulouque le nomme directeur du journal officiel, Le Moniteur. Sa renommée dépasse alors les frontières de l’île. Le célèbre historien français Jules Michelet lui adresse une lettre le 20 mai 1854 pour lui témoigner son admiration.

Thomas Madiou aura par la suite une grande carrière politique et diplomatique.

Il meurt le 25 mars 1884 à l’âge de 70 ans.

Écrit par Guy Ferolus

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